vendredi 19 septembre 2008

THIỀN

THIỀN, CHAN & ZEN

(source PENG Chang Ming / Sorbonne 2003-2004)

Le mot Chan est une altération de "chan na" qui vient du sanscrit dhyana, méditation contemplative, recherche de l’éveil subit, qui remonte donc au Bouddha historique.

Le Chan est une approche typiquement chinoise du bouddhisme. Il est très éloigné des formes conventionnelles de ce mode de pensée. C’est une approche non idéalisée, parfois irrévérencieuse qui prône le mépris des écritures, de la connaissance livresque, la valorisation du geste et de l’expérience vécue. Il faut vivre selon sa nature.

C’est le vingt huitième patriarche, Bodhidarma qui introduisit ce type de bouddhisme en Chine vers 520 sous la dynastie Liang. Il est considéré comme le premier patriarche de la lignée chinoise. Son entrevue avec l’empereur attendant des compliments puis son départ brutal vers le nord pour une longue méditation face au mur d’un monastère shaolin sont restés célèbres.

Mais il faut attendre le VII ème siècle pour voir une large diffusion du Chan, grâce à sa transmission orale, sous l’impulsion du patriarche Hong ren ( 620-674 ). Après sa mort, la scission est inévitable en Chan du nord avec Shen Xiu où l’on recherche l’illumination graduelle et en Chan du sud avec Hui neng – qui a reçu la transmission de Hong ren - prônant l’éveil subit. Ces deux branches trouveront leurs expressions picturales dans les deux écoles de peintures, celle du mort plus académique, officielle, celle du sud avec le monochrome et la spontanéité de l’expressivité du trait.

Au IX ème siècle, l’approche de l’Absolu se renforce. Lin Ji ne demande-t-il pas de ‘’tuer’’ le Bouddha ! De se détacher ( tuer ) de tous les liens sociaux. Il utilise le bâton avec ses disciples. Une seconde branche du Chan avec Cao Dong préconise une approche par la méditation assisse.

du Chan au Zen.

C’est au XIII ème siècle, à l’ère Kamakura, que des moines japonais s’intéressèrent au bouddhisme chinois. Dogen parti en Chine en 1223est celui qui assura la diffusion du chan devenu zen par la langue à son retour en 1227 dans son monastère du Kennin-ji de Kyoto où il composa en japonais le ‘’Fukanzazengi’’ ( Recommandations générale pour la pratique de zazen ) contrairement à la tradition qui voulait que les textes religieux soient rédigés en chinois.

Parallèlement va se développer l’usage de l’encre monochrome dans la peinture ainsi que la traduction picturale des thèmes chinois conventionnels.

(à suivre)

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